CONFERENCE: COMMENT NOURRIR TOUS LES CITADINS AU 21ème SIÈCLE ?

03-02-2023 14:00 - 16:00

Vendredi 3 février 2023

Les “fermes verticales urbaines“

par Francis Grousset (climatologue)

14h00 Salle de Croignon

 

 

 

Dans les décennies à venir, plusieurs évolutions majeures vont affecter considérablement l’agriculture et l’alimentation mondiales :
– la surpopulation : les récentes projections des modèles démographiques de l’ONU nous annoncent qu’en 2100 nous serons probablement 17 milliards sur Terre, dont 13 milliards amassés dans les mégalopoles !
– l’impact du climat sur la production agricole : le réchauffement climatique global et la réduction des précipitations vont nous imposer de cesser la pratique de certaines cultures dans certaines régions (ex. : en Aquitaine, le blé et le maïs,…) ;
– la réduction de la main-d’œuvre en zone rurale : il y a de moins en moins de paysans dans nos campagnes (du fait de l’exode rural) pour produire les denrées alimentaires ;
– l’évolution des modes de transport : afin de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, il nous faudra réduire drastiquement la longueur des trajets qui permettent d’amener la nourriture vers nos supermarchés (aujourd’hui, on y trouve des pommes d’Afrique du Sud, des avocats du Pérou, des côtes d’agneau de Nouvelle-Zélande, des ananas du Mexique, etc…).
Mais alors, comment va-t-on nourrir les citadins à l’avenir ?
C’est de ce questionnement qu’est né en 2009 le concept de “ferme verticale urbaine“, sous l’impulsion du Pr. Dickson Despommier et de ses collaborateurs de Columbia University of New-York. Constatant que les villes n’anticipent pas, – si ce n’est par quelques timides implantations de jardins
partagés ou de mises en culture de terrasses d’immeubles -, ces pionniers ont proposé de construire des tours de 100 à 200m, en plein centre ville, totalement autonomes, dans lesquelles on mettrait en oeuvre à tous les étages des cultures hydroponiques 100% bio (pas de traitements chimiques, atmosphère contrôlée), et/ou de l’élevage. Au rez-de-chaussée de la tour, on vendrait les denrées produites dans les étages, donc en “circuit court“. L’énergie nécessaire au fonctionnement serait produite au sommet de la tour (panneaux solaires et éoliennes) ; des pompes enverraient l’eau au sommet, qui descendrait alors d’étage en étage pour irriguer les cultures ; arrivée au bas de la tour, l’eau serait épurée et recyclée, puis renvoyée au sommet pour servir à nouveau.
Tout cela parait un peu idéaliste, mais ce concept se développe un peu partout dans le monde, et à Singapour il y a désormais 120 fermes verticales urbaines ! Paradoxalement, on parle très peu de ce phénomène dans nos médias.
Cette problématique soulève toutefois de multiples questionnements : ces cultures en intérieur ont-elle encore du goût ? Pourra-t-on construire dans ces tours des surfaces suffisantes pour produire assez de céréales, pour faire de l’élevage ? Que deviendront nos campagnes et nos agriculteurs progressivement abandonnés ? un tel changement de paradigme (réduction drastique des importations entre les pays), va considérablement déséquilibrer les balances commerciales et impacter l’économie globale, etc…

 

 

 

Entrée libre et gratuite

Renseignements : Rolland Pailley 05 56 23 22 67

Marie-Laurence Julien 06 52 7641 39